Les premières gelées de novembre, la brume et la lumière douce : une balade poétique et silencieuse.
Camp Snap V103B | Filtre Ilford XP2 | SOOC
Les matins d’automne sont mes instants préférés, ceux où la lumière hésite à se montrer, où le monde semble retenir son souffle. Ce matin, les toutes premières gelées de novembre ont enveloppé le paysage : brume dense, brouillard, et soleil qui essaye de percer, parvenant à atteindre et a illuminer certaines parties de ce tableau dans la brume. Chaque arbre, le Cher, l’eau, les reflets et la vapeur sur l’eau créent un tableau fragile et captivant. Enveloppée dans ma tenue chaude, je ressens la beauté éphémère de la nature qui remplit mon âme.
Indie, ma petite âme poilue, m’accompagne dans ces balades matinales. Ses pas légers réveillent la fraîcheur humide du sol, son souffle chaud se mêle à l’air vif, et je me surprends à ralentir, à respirer plus profondément, comme pour ne rien manquer de ce spectacle éphémère. Mon excitation semble être contagieuse : Indie, alerte, marche en sautillant et me précède de quelques mètres, comme pour m’ouvrir le chemin et découvrir ensemble la beauté de ce matin embrumé.
Le monde devient alors une toile mouvante, où la lumière, le gel et la brume créent des arabesques délicates et fugaces que je tente de retenir dans mon regard et mon appareil photo. Au final, ce matin, j’ai surtout photographié le brouillard, le jeu de lumière et d’ombre, les branches d’arbres, capturant cette ambiance en noir et blanc seulement.
La brume transforme le paysage en un lieu suspendu, où chaque arbre nu se découpe comme une silhouette poétique. Le fleuve reflète les volutes de vapeur et les branches qui se penchent, créant un jeu de lignes et de textures que mes yeux ne se lassent jamais d’explorer. La lumière dorée ou pâle du matin dessine des ombres douces et mystérieuses, rendant chaque instant unique.
Ma photographie naît de l’observation, de mes émotions et de mon intuition. Je marche, je contemple, je capture. Les tapis de feuilles humides, les herbes gelées et les gouttes accrochées aux branches deviennent des fragments de beauté à garder en mémoire. La brume transforme les paysages familiers en visions presque irréelles, où l’ordinaire devient magique, et le quotidien, poétique.
Ces promenades sont un rituel silencieux. Je note dans mon esprit chaque nuance, chaque reflet, comme si je composais une série photographique immatérielle. Une fois de retour au chaud, Indie se repose à mes côtés sur le canapé, tandis que je savoure une tisane et laisse défiler les images de la matinée déchargées de mon appareil. La lenteur et l’attention aux détails font partie de mon approche, de ma vision photographique, où l’émotion et le ressenti priment sur toute technique.
Ces matins de brume m’apprennent à observer, à ralentir, à accueillir l’éphémère. La photographie, pour moi, devient une méditation, un acte de contemplation et de gratitude. Chaque volute de brume, chaque reflet sur l’eau, chaque branche dénudée est un rappel que le monde est plein de poésie, même dans sa fragilité et son silence.
Et je suis bien heureuse d’avoir toujours mon petit appareil photo, le Camp Snap V103B, avec moi. Même s’il n’est pas un compact expert, cet appareil point-and-shoot me surprend toujours par ce qu’il me permet de capturer au quotidien. Il me permet de figer ces instants éphémères, de conserver les émotions de la brume, et de partager avec vous la magie discrète de ces matinées.











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